La confession est un signe de reconnaissance (prénom et nom) et un élément identitaire (carte) . Avant même son appartenance à l'entité libanaise, le Libanais se définit par référence à sa confession. Ex : s 'il souhaite se marier au Liban, le Libanais doit se rattacher à un rite, car le droit libanais ignore le mariage civil ; autrement dit, tout libanais se doit d'adhérer à une communauté, qu'elle soit ou non celle de sa naissance.
... de part l'affluence des réfugiés palestiniens et le fort taux de natalité musulmane (environ 60% de la population) :
- Les Sunnites, qui croient que les successeurs de Mahomet doivent être choisis par la communauté et sont financièrement soutenus par l'Arabie Saoudite. C 'était le milliardaire sunnite, Rafic Hariri, ex-1er Ministre, qui s'était imposé à la tête du pays.
- Les Chiites, qui croient que les successeurs du prophète doivent faire partie de ses descendants, et sont soutenus par l'Iran. Amal et Hezbollah sont des mouvements chiites extrémistes libanais puissants.
- Les Druzes, dissidents de l 'Islam, forment une secte ésotérique fermée mais influente.
- Les Allaouites, considérés comme hérétiques, forment aussi une secte ésotérique issue des chiites. Ils constituent le devant de la sphère politique en Syrie.
- Les ismaéliens dont le chef actuel est l 'Aga Khan, souvent aperçu sur les champs de courses parisiens.
L'Islam est la religion du « djihad », la conquête des territoires, selon une seule et même stratégie : quelques opérations militaires, prise du contrôle politique, puis mesures discriminatoires et oppression financière incitent à la conversion (sauf si professions utiles ou montagnes). Il n'existe pas de distinction géographique entre les différentes confessions chrétiennes. Les musulmans, par contre, ne réussissent la cohabitation au sein d'une même zone qu'avec des chrétiens.
Maronites, jacobites, syriaques catholiques, nestoriens, chaldéens, coptes, grecs orthodoxes et catholiques, arméniens, catholiques latins et protestants... Le Liban est le seul pays du Proche-Orient à regrouper autant de chrétiens en proportion (40%), car c 'est LA terre refuge de tous les chrétiens d'Orient. Leurs bergers sont les plus hauts dignitaires religieux, des personnes que leurs fonctions investissent d'une grande autorité morale : ce sont les patriarches. On ne parle que peu des Chrétiens d 'Orient, mais beaucoup des Palestiniens. Pourtant, le rapport est de 20 à 1. Créateurs de richesses locales mais martyrs oubliés, victimes du djihad car économiquement défavorisés et aussi attaqués dans leur Foi. Cet exode chrétien se poursuit sous nos yeux, sans susciter de compassion, ni même de curiosité médiatique. Mais peut-on rester insensible à l'effacement du christianisme dans la région même, où il est né ?
La confession maronite est la plus représentée parmi les chrétiens libanais. Ayant toujours été rattachés à Rome, ils sont nés du courage des premiers chrétiens, qui ont fui les persécutions menées par les hérétiques de l'époque et se sont réfugiés au Mont Liban afin de pouvoir vivre librement leur Foi. Il ont été regroupé par un moine, Saint Maron, qui donna leur nom au maronites. Ce sont des opposants à la pensée unique, des gens de conviction. Lors des messes, la Consécration se fait en araméen : ce sont les propres mots de Jésus. Ce sont eux les principaux réfugiés actuels, des réfugiés de l'intérieur, les déplacés de la guerre.
Il n'y a pas de crise des vocations au Liban : beaucoup de jeunes choisissent de consacrer leur vie à Dieu et optent prioritairement, contrairement à ce qui se passe en France, pour la pastorale. La question spirituelle domine l'ensemble des rapports sociaux, y compris les comportements politiques : la Foi s'affiche ostensiblement et se vit au quotidien. La modification du poids relatif des différentes communautés (affluence des Palestiniens et démographie) crée une tension latente, où les chrétiens sont en voie d 'être marginalisés et laissés à eux-mêmes, au milieu d 'un monde musulman travaillé par les fondamentalistes en quête du pouvoir, soit disant au nom d'une religion. Mais ce n 'est pas la 1ère fois que cela arrive aux chrétiens d 'Orient. A deux reprises, une modification du rapport de force global entre islam et chrétienté a permis aux églises d 'Orient de reprendre souffle et même de connaître une brève renaissance : - les Croisades du 11 au 13è s. - l'expansion européenne moderne du 18è au second tiers du 20è s., où la Russie veillait sur les orthodoxes, la France sur les églises rattachées à Rome....
Un voyage au Liban s 'apparente à un pèlerinage, vers les sanctuaires de 4 saints maronites reconnus sur une surface de 2 départements français ; 4 figures vénérées par chaque maronite libanais ... presque inconnues des Français alors que St Charbel est fêté par notre calendrier chaque 24 décembre
Située dans la région du Liban Nord, la "Vallée Sainte " est classée au patrimoine culturel mondial de l'UNESCO, ses innombrables grottes, chapelles et monastères rupestres ainsi que sa végétation luxuriante en ont fait le site naturel le plus célèbre du Liban. Ces monastères et grottes furent longtemps le havre de paix, refuge de religieux, mais aussi de nombreux chrétiens, venus des diverses régions avoisinantes.
Le Sauveur en personne en fut le 1er évangélisateur. Les 1ères communautés chrétiennes s'y formèrent et furent visitées par Saint Paul, lors de son dernier voyage à Jérusalem avant son arrestation. (AC.21). C'est au Liban, près de Tyr, que lon situe le premier signe de Jésus : la transformation de l'eau en vin aux " Noces de Cana " (Jn.2). Un second miracle y fût accompli ; un fonctionnaire royal habitant Capharnaüm, dont le fils était gravement malade, effectue le déplacement jusqu'à Cana pour demander à Jésus de venir guérir son fils : " Seigneur, descends, avant que mon enfant ne meurt ! " lui dit-il. Jésus lui répond: " Va, ton fils vit ". (Jn.4). Cana est également le village d'origine de Nathanaël (Jn.21), l'un des premiers disciples, vraisemblablement l'apôtre Barthélémy des Evangiles. Jésus leur apporta la Bonne Nouvelle et manifesta une bienveillance particulière envers les 2 villes de Tyr et Sidon : il loua leur disposition à faire pénitence sans avoir vu les nombreux signes et miracles faits dans les villes juives (Mc.8 et Mat.15).Souvent, pour se soustraire aux provocations et aux questions pièges des Pharisiens, Jésus se rendait dans la région de Tyr et de Sidon. C'est là qu'il se reposait, jouissant d'un moment de tranquillité. C'est la raison pour laquelle, il recommandait à ses hôtes juifs et à ses disciples de ne pas faire savoir qu'il se trouvait dans la région. Jésus n'a pas non plus ignoré Sarepta, l'actuelle Sarafand, une bourgade entre Tyr et Sidon, par laquelle il devait passer en se rendant d'une ville à l'autre. S'adressant aux Juifs de Nazareth, il évoqua un épisode de la vie d'Élie qui s 'y déroula : "Assurément, je vous le dit, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Élie (...) lorsqu'une grande famine sévit sur tout le pays ; pourtant ce n'est à aucune d'elles que fut envoyé Élie, mais bien à une veuve de Sarepta, au pays de Sidon " (Luc4). A quelques km de Sidon, se dresse un sanctuaire nommé Notre-Dame de la Garde. On sait que Marie, suivait son fils dans ses pérégrinations entre Cana, Tyr, Sarafand et Sidon. Là, sur cette colline de Magdouché découvrant toute la région, la Vierge attendit le retour de Jésus de ses randonnées apostoliques.
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